Hela, 2727

 

— Nous avons appris la nouvelle, Quaiche, dit la poupée d’acier.

La voix le prit par surprise, comme toujours. Il était seul. Grelier venait de s’occuper de ses yeux, soignant un abcès infecté sous l’une des paupières rétractées. Les griffes métalliques de l’écarteur d’yeux lui avaient paru d’une cruauté inhabituelle, ce jour-là, comme si le chirurgien général avait profité de son sommeil pour affûter sournoisement tous ses petits crochets. Enfin, il ne dormait jamais vraiment, bien sûr. C’était un luxe dont il n’avait qu’un vague souvenir.

— Je n’ai entendu parler d’aucune nouvelle, répondit-il.

— Nous avons entendu l’annonce que vous avez faite à la congrégation, dans la nef. Vous voulez faire franchir le Gouffre de l’Absolution à la cathédrale.

— Et quand bien même, en quoi cela vous concerne-t-il ?

— C’est de la folie, Quaiche. Or nous sommes très concernés par votre santé mentale.

Il voyait la poupée du coin de l’œil. Une masse trouble, comparée à l’image centrale, bien nette, d’Haldora. La planète était à moitié plongée dans l’ombre, et ses bandes crème, ocre et d’un turquoise subtil semblaient comme tranchées net par la nuit.

— Vous vous fichez pas mal de moi, répliqua-t-il. Vous ne vous inquiétez que de votre propre survie. Vous avez peur que je vous détruise quand je détruirai la Morwenna.

— « Quand », Quaiche ? Franchement, voilà qui est un peu préoccupant. Nous espérions que vous aviez malgré tout l’intention de réussir, d’une façon ou d’une autre.

— Peut-être, convint-il.

— Là où personne n’a réussi auparavant ?

— La Morwenna n’est pas n’importe quelle cathédrale.

— Non. C’est la plus lourde et la plus grande de la Voie. Ça ne vous fait pas réfléchir ?

— Mon triomphe n’en sera que plus spectaculaire.

— Ou votre désastre, si la cathédrale bascule à bas du pont, ou s’il s’effondre sous son poids. Mais pourquoi maintenant, Quaiche, après toutes ces révolutions autour d’Hela ?

— Parce que je pense que le moment est venu, répondit-il. Ces choses-là ne se commandent pas. Dieu n’a rien à voir là-dedans.

— Vous êtes vraiment une cause perdue, répliqua la poupée d’acier, la voix synthétisée au rabais adoptant soudain un ton pressant qui n’était pas le sien la seconde d’avant : Quaiche, écoutez-nous. Faites ce que vous voulez avec la Morwenna. Nous ne vous en empêcherons pas. Mais laissez-nous sortir de cette cage avant.

— Vous avez peur, fit-il en imprimant une sorte de sourire au parchemin raidi qu’était son visage. Je vous fiche vraiment la trouille, hein ?

— Ça n’a pas besoin de se passer comme ça. Regardez les évidences en face, Quaiche. La fréquence des disparitions augmente. Vous savez ce que ça veut dire, n’est-ce pas ?

— L’œuvre de Dieu approche de son point culminant.

— Ou, autre hypothèse, le mécanisme de camouflage connaît des défaillances. À vous de choisir. Nous savons quelle interprétation nous préférons.

— Je connais vos hérésies. Je n’ai pas besoin de les réentendre.

— Vous pensez toujours que nous sommes des démons, Quaiche ?

— Vous vous donnez le nom d’« ombres ». N’est-ce pas un indice ?

— Nous nous faisons appeler « ombres » parce que c’est ce que nous sommes, tout comme vous n’êtes tous que des ombres pour nous. C’est une simple constatation, Quaiche, pas un point de vue théologique.

— Je ne veux plus rien entendre.

C’était vrai : il les avait suffisamment entendus parler de leurs hérésies. Ce n’étaient que des mensonges, conçus pour saper sa foi. Il avait essayé, de temps à autre, de s’en vider la tête, mais en vain. Tant que la poupée d’acier – tant que ce qui était dans la poupée d’acier – serait là, avec lui, il ne pourrait jamais oublier ces contrevérités. Dans un moment de faiblesse, une absence aussi impardonnable que celle qui les avait tous amenés ici, vingt ans plus tôt, il s’était intéressé à leurs revendications hérétiques. Il s’était plongé dans les archives de la cathédrale et avait exploré certaines pistes de recherche.

Les ombres parlaient d’une théorie. Ça ne voulait rien dire pour lui, et pourtant quand il avait compulsé les archives les plus anciennes – des enregistrements conservés au fil des siècles dans des cryptes fracassées, mangées par la rouille, ou à bord de vaisseaux ultras – il avait trouvé des traces de connaissances perdues, des indices troublants à partir desquels son esprit avait pu échafauder un tout.

Des aperçus d’une chose appelée la théorie des branes.

C’était un modèle de l’univers, une antique théorie cosmogonique qui avait connu un bref moment de popularité sept cents ans auparavant. D’après ce que Quaiche avait compris, la théorie avait été moins discréditée qu’abandonnée quand de nouveaux jouets tout neufs, plus clinquants, avaient été mis sur le marché. À l’époque, on n’avait aucun moyen de tester ces théories concurrentes : elles apparaissaient et périclitaient sur la base de leurs seuls mérites esthétiques, et de l’aisance, plus ou moins grande, avec laquelle les gourdins et les harpons des mathématiques permettaient de les justifier et de les manipuler.

D’après la théorie des branes, l’univers tel qu’on l’appréhendait par les sens n’était qu’un copeau d’un ensemble plus vaste, une couche, une strate, dans un empilement de réalités adjacentes. Quaiche trouvait à ce modèle quelque chose de séduisant, sur le plan théologique. Il aimait l’idée du ciel en haut et de l’enfer en bas, le vulgaire substrat de la réalité telle qu’on la percevait étant coincé entre les deux. Sur la Terre comme aux cieux…

Mais la théorie des branes n’avait rien à faire avec le ciel et l’enfer. Elle était née en réponse à une autre théorie appelée la théorie des cordes, et plus précisément à un corollaire de la théorie des cordes : le problème de la hiérarchie des forces.

Encore une hérésie. Mais il n’avait pu s’empêcher de creuser davantage.

D’après la théorie des cordes, les blocs constitutifs de la matière étaient, à l’échelle la plus petite qui se puisse concevoir, de simples boucles de masse-énergie à une dimension. Ces boucles vibraient comme les cordes d’une guitare, selon certains modes discrets, correspondant chacun à une particule reconnaissable à l’échelle classique : les quarks, les électrons, les neutrinos, et même les photons, n’étaient que des modes vibratoires différents de ces cordes fondamentales. Même la gravité n’était qu’une manifestation du comportement des cordes.

Sauf que la gravité posait un problème. À l’échelle classique – l’univers familier des gens et des maisons, des vaisseaux et des mondes –, la gravité était beaucoup plus faible qu’elle n’aurait dû. Et pourtant, elle maintenait les planètes en orbite autour des étoiles, et les étoiles sur leur orbite autour du centre de gravité de la galaxie. Mais par rapport aux autres forces de la nature, c’est à peine si elle était présente. Quand Notre-Dame de Morwenna abaissait l’un de ses grappins électromagnétiques pour soulever une pièce métallique livrée par un engin de livraison, l’aimant luttait contre la gravité d’Hela – toute la force gravitationnelle dont ce monde était capable. Si la gravité avait été aussi forte que les autres forces, la Morwenna aurait été transformée en une crêpe d’un atome d’épaisseur, un film de métal étalé sur la face sphérique, parfaitement lisse, d’une planète effondrée. Pour aller au fond des choses, si la vie existait, c’était grâce à l’extrême faiblesse de la gravité à l’échelle classique.

Or la théorie des cordes montrait que la gravité était en réalité très forte, si on y regardait d’assez près. À l’échelle de Planck, le plus petit incrément de mesure possible, d’après la théorie des cordes, la gravité aurait dû être une force équivalente aux autres. En fait, à cette échelle, les faits paraissaient bien différents à plus d’un point de vue : enroulées sur elles-mêmes comme des scolopendres, on trouvait sept autres dimensions – des hyperespaces accessibles seulement à l’échelle microscopique des interactions quantiques.

Cette vision posait tout de même un problème esthétique. Les autres forces – associées comme une seule force électrofaible unifiée – se manifestaient à un certain niveau d’énergie caractéristique. Mais la gravité forte prévue par la théorie des cordes ne devait se révéler qu’à des énergies dix milliards de fois plus grandes que celle impliquée par les forces électrofaibles. De telles énergies étaient rigoureusement hors de portée des procédures expérimentales. C’était le problème de la hiérarchie, et on le considérait comme crucial. La théorie des branes était une tentative de résolution de ce schisme aveuglant.

La théorie des branes – pour ce qu’y comprenait Quaiche – avançait que la gravité était en réalité aussi forte que la force électrofaible, même à l’échelle classique. Ce qui se passait, c’était que la gravité fuyait avant d’avoir eu l’occasion de montrer les dents. Ce qui restait – la gravité que l’on éprouvait dans la vie quotidienne – n’était qu’un infime résidu d’une force infiniment plus puissante. La majeure partie de la force de gravité s’était dissipée latéralement, dans les branes ou les dimensions adjacentes. Les particules qui composaient la majeure partie de l’univers étaient collées à un monde-brane particulier, une strate particulière du feuilletage de branes, que la théorie appelait « milieu », ou « espace fondamental ». La matière ordinaire de l’univers ne voyait jamais que l’unique monde-brane dans lequel elle existait : elle n’était pas libre de dériver dans le milieu. Mais les gravitons, ces particules messagères de la gravité, échappaient à cette contrainte. Ils étaient libres de dériver entre les branes, de voguer sans entraves dans l’espace fondamental. La meilleure analogie que Quaiche avait trouvée renvoyait aux mots écrits sur les pages d’un livre, confinés pour l’éternité à une page particulière, ignorant les mots imprimés sur la page suivante, à une fraction de millimètre d’eux. Et renvoyait aussi aux vers des livres, qui dévorent les pages perpendiculairement au texte…

Quant aux ombres… Là, Quaiche en était réduit à combler les vides par lui-même. Les ombres prétendaient être – et c’était le cœur de l’hérésie – des messagères, porteuses d’une sorte de communication d’un monde-brane adjacent, totalement déconnecté du nôtre. Le seul moyen de communication possible de l’un à l’autre passait par l’espace fondamental. Cela dit, il y avait une autre possibilité : il se pouvait que les deux branes apparemment séparées soient des portions distantes d’une seule et même brane, repliée sur elle-même comme une épingle à cheveux. Si tel était le cas – les ombres ne lui avaient rien dit sur le sujet, ni pour infirmer, ni pour appuyer cette hypothèse –, alors elles étaient des messagères non d’une autre réalité, mais simplement d’un endroit reculé de l’univers familier, incommensurablement éloigné dans l’espace et dans le temps. La lumière et l’énergie de leur région de l’espace ne pouvaient voyager que le long de la brane. Elles étaient incapables de franchir le vide infime qui séparait les deux plis de la surface. Mais la gravité pouvait passer sans effort à travers le milieu, et transporter un message de brane à brane. Les étoiles, les galaxies et les amas galactiques de la brane-ombre projetaient une ombre gravitationnelle sur notre univers local, influençant les mouvements de nos étoiles et de nos galaxies. Du même coup, la gravité provoquée par la matière dans la partie locale de la brane fuyait à travers le milieu, dans le royaume des ombres.

Mais les ombres étaient intelligentes. Elles avaient décidé de communiquer à travers l’espace intermédiaire par le truchement de la gravité.

Elles avaient mille façons d’y arriver. Les détails importaient peu. Elles auraient pu manipuler les orbites d’une paire d’étoiles dégénérées pour produire un schéma d’ondes gravitationnelles, ou apprendre à fabriquer sur demande des trous noirs miniatures. Tout ce qui comptait, c’est que c’était possible. Et – chose tout aussi importante – il fallait que quelqu’un puisse capter les signaux de ce côté du milieu.

Quelqu’un comme les Shifteurs, par exemple.

Quaiche rit tout seul. L’hérésie n’était pas dépourvue d’une certaine abjection. Mais qu’espérait-il d’autre ? Là où Dieu était à l’œuvre, ne pouvait-on voir aussi l’œuvre du Diable, s’insinuant dans les desseins du Créateur, essayant de noyer le miraculeux dans le vulgaire ?

— Quaiche ? demanda la poupée d’acier. Vous êtes toujours là ?

— Je suis toujours là, répondit-il. Mais je ne vous écoute pas. Je ne crois pas ce que vous me racontez.

— Si vous ne nous croyez pas, un autre le fera.

Il tendit la main vers la poupée d’acier, et ses doigts osseux planèrent un instant à la limite de son champ de vision comme un phantasme détaché.

— Je ne laisserai personne se faire corrompre par vos mensonges.

— À moins qu’il n’y ait quelque chose dont vous ayez très envie, répliqua la poupée d’acier. Vous pourriez peut-être changer d’avis, alors.

Sa main trembla. Il se sentit glacé, tout à coup. Il était en présence du mal. Et il en savait plus long sur ses stratagèmes qu’il n’en avait le droit.

Il appuya sur le bouton de l’intercom.

— Grelier ! appela-t-il. Grelier, venez ici tout de suite ! J’ai besoin de sang neuf !

Le Gouffre de l'Absolution
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